Les registres littéraires

Registre pathétique

Il nait de la vue des souffrances d'autrui qui crée de la compassion chez celui qui lit ou regarde celui qui souffre. Cela peut-être provoqué par la douleur, l'horreur, la terreur, la tristesse.

Les procédés du pathétique sont marqués par un lexique de l'affectivité, de la souffrance, de l'exagération, par l'introduction du discours direct qui fait entendre la voix de la victime et par la fréquence des modalités interrogatives et exclamatives.

Exemples :

Monologue d'Antigone où on sait qu'elle est condamnée à être emmurée vivante pour avoir enseveli son frère malgré l'interdiction du roi ( les didascalies insistent sur la faiblesse d'Antigone, elle a froid, elle est seule, elle murmure).

La mort de Manon dans le désert dans Manon Lescaut de l'Abbé Prévost en est un autre bon exemple.

Registre tragique Il nait de la souffrance de héros souvent solitaires, confrontés aux drames de la destinée humaine, à la fatalité, au mal, à la mort.
Le langage est souvent soutenu, l'accent est mis sur la situation désespérée du personnage qui est confronté à des forces qui le dépasse

Exemples :

Roméo et Juliette (tragédie de la passion) de William Shakespeare : les deux personnages sont confrontés à la haine qui oppose leurs deux familles, c'est pourquoi ils ne réussiront pas à vivre en paix, ils décideront de se suicider pour se retrouver dans un monde meilleur.

Bérénice de Racine (tragédie politique) montre la difficulté de gouverner et d'aimer, cette pièce met en scène l'incompatibilité du pouvoir et de l'amour.

Enfin Antigone de Sophocle ou d'Anouilh montre combien il est difficile de s'opposer aux lois, mêmes injustes, édictées par un roi.
Registre épique Il emprunte ses caractéristiques au genre de l'épopée, long poème antique (L'odyssée ou L'Iliade d'Homère) ou médiéval (La chanson de Roland) qui raconte les exploits souvent guerriers de héros surhumains, confrontés à des obstacles colossaux, dans un univers immense où s'exercent des forces surnaturelles (Exemples : le cyclope, les pouvoirs de la magicienne Circée ou les dieux comme Poséidon dans L'Odyssée).

Un texte épique vise a susciter l'effroi, l'étonnement, l'admiration.

Les procédés utilisés sont ceux de l'agrandissement : pluriels, hyperboles, superlatifs (le plus grand), comparaisons et métaphores hyperboliques.
Registre lyrique

En littérature, on appelle poésie lyrique, les textes qui expriment des sentiments. Les thèmes sont variés :

  • L'amour (Paul Eluard "La courbe de tes yeux" : "Le monde entier dépend de tes yeux purs / Et tout mon sang coule dans leur regard").
  • La fuite du temps (Ronsard "Mignonne, allons voir si la rose, " Apollinaire, les poèmes baroques)
  • Le bonheur, la joie.

Les procédés utilisés reposent essentiellement sur l'utilisation de la première personne, sur le lexique des sentiments, les modalités exclamatives et interrogatives.

Registre élégiaque Le registre élégiaque fait partie du registre lyrique


C'est le registre de la plainte (deuil, déploration) : lexique cde la souffrance, de la solitude, de la plainte

Exemples :

Les Elégies
de Ronsard, de Chénier, certains poèmes de Lamartine, Verlaine "Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville", poème extrait de Romance sans paroles
Registre satirique Le registre satirique est celui de la dénonciation mêlée de moquerie. On critique en se moquant. Le procédé phare de ce registre est l'ironie. La figure de style la plus caractéristique est l'antiphrase.

Exemples :

On trouve un registre satirique dans Candide, lorsque Voltaire décrit le baron et la baronne dans le chapitre 1 ou encore lorsqu'il donne la parole à Candide dans "La boucherie héroïque"(focalisation interne).
Registre polémique Ce registre suppose une attitude critique, qui vise une discussion vive ou agressive


Les procédés sont multiples : exagérations (Superlatifs, hyperboles), simplification (Formule-choc résumant un thèse), lexique dévalorisant, figures d'ironie, visant à susciter le mépris.


Exemples :
Registre comique C'est celui qui provoque le rire : il peut être Satirique (On se moque de la société dans laquelle on vit), il peut introduire le Burlesque (utilisation d'un style familier pour parler d'un sujet noble, comme lorsque l'on rabaisse un roi dans Ubu roi de Jarry), le grotesque (comique de caricature, grossir les traits.

Exemples :

De nombreuses pièces de Molière jouent sur des comiques de gestes, de situations et de mots.
Registre fantastique Il se caractérise par l'intrusion d'un élément surnaturel dans un monde qui ne l'est pas, ceci déstabilise le personnage et le lecteur et provoque ainsi le doute. Cela produit un effet inquiétant. C'est l'hésitation éprouvée entre une interprétation rationnelle et irrationnelle (selon Todorov).

Exemples :

Dans Le Horla de Guy de Maupassant : on hésite à la fin entre une interprétation rationnelle, le narrateur est fou et subit des hallucinations ou bien un être surnaturel hante véritablement sa maison et alors notre explication du monde se trouve mise en déroute (interprétation irrationnelle). Nous n'avons pas la réponse et la nouvelle se termine dans ce doute.

Le début de Dracula de Bram Stoker est construit sur le même principe : Jonathan Harker voit des choses qui lui paraissent totalement irrationnelles et il finit par se demander si ça n'est pas un cauchemar ou le fuit de son imagination délirante.

ATTENTION A NE PAS CONFONDRE AVEC LES REGISTRES DE LANGUE